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Poils équins : indignez-vous !

Posted by on 14 novembre 2014

Nous retrouvons aujourd’hui Naja du blog Ekitado, qui relate dans cet article invité, l’importance et le rôle du poil chez nos équins. C’est donc elle qui s’exprime dans le « je » de ce texte.

Poils équins

Ma chère jument s’apprête à passer l’hiver dehors. Son poil s’épaissit chaque jour, si bien que dans quelques semaines elle semblera tenir davantage du poney nordique que de la trotteuse. Je n’ai pas l’intention de la raser, ni de lui mettre une couverture. Propriétaire indigne ?

A quoi servent exactement les couvertures ? A mon humble avis, le meilleur usage d’une couverture, pour un cheval, c’est ça :

cheval jouant avec sa couverture

Cheval s’intéressant de près à une couverture !!

De la part de quelqu’un qui dédie son blog au matériel équestre, vous trouverez peut-être d’une délicieuse ironie de faire un article anti-couvertures. Pourtant, si on s’intéresse de près au matériel, c’est justement pour distinguer le bon grain de l’ivraie.

J’aimerais ici vous parler plus spécifiquement d’un article – No More Blankets – qui se base sur des faits scientifiques pour expliquer pourquoi on ne devrait pas couvrir le cheval et comment l’aider à lutter contre le froid avec ses propres moyens.

« No More Blankets » nous expose les faits suivants :

  • Pour survivre, la température corporelle du cheval doit rester comprise autour de 37,5°C (c’est le cas chez tous les mammifères).
  • Les propriétaires et amoureux des chevaux sont en général très au courant des dangers d’une forte fièvre, mais savent très peu de choses sur la capacité du cheval à résister au froid.
  • Les chevaux ont beaucoup plus de facilités à préserver leur chaleur corporelle par temps froid qu’ils n’en ont à redescendre leur température par temps chaud.
  • poils mouillés faisant office de "gouttière" naturelle

    poils mouillés faisant office de « gouttière » naturelle

    Le poil du cheval est recouvert d’une substance grasse qui agit comme un matériau déperlant: l’eau glisse dessus sans pénétrer (la substance grasse s’appelle le sébum et est produite par les glandes sébacées, précise Gillian Higgins dans « Anatomie du cheval et performance »).

  • Plus long est le poil, moins l’eau a de chances de parvenir jusqu’à la peau (eau froide sur la peau = température corporelle qui descend, qui ne grelotte pas après une douche froide ?).
  • Les brossages réguliers retirent cette substance grasse sur le poil, et par conséquent diminuent la protection « déperlante » (les shampoings aussi).
  • La boue dont le cheval ne manque pas de se couvrir participe également à protéger le cheval. Aussi, les jours où je rends visite à mon cheval sans le monter, je n’hésite pas à le laisser couvert de boue. C’est bon d’avoir des arguments pour justifier sa flemmardise !

Voilà donc ce qui permet de comprendre à quel point le cheval est bien armé pour supporter le froid par ses propres moyens. Mais l’article va plus loin : il argue que la couverture dérègle ce fabuleux dispositif de thermorégulation naturellement intégré au cheval. En effet, d’une part le cheval ne peut pas décider de réchauffer uniquement les parties de son corps laissées à l’air libre (jambes, cou, visage). Soit il réchauffe son corps entier, soit il refroidit son corps entier. D’autre part, la sueur sous une couverture engendre des problèmes métaboliques.

De cet article, je ne retiens ici que ce qui concerne le poil et la couverture. Si vous vous débrouillez en anglais, je vous encourage vivement à lire l’article en entier. Vous y apprendrez également comment le cheval maintient sa température corporelle grâce à son gras, ses muscles, et à en s’alimentant. En d’autres termes, ce n’est pas de couverture dont le cheval a besoin, mais de conditions de vie qui lui sont adaptés : un pré avec potes et abri, sans couverture, avec accès au foin 24h/24 et 7j/7.

La chemise polaire séchante sur le dos d'un poney

La chemise polaire séchante, un matériel indispensable.

Reste un problème : si la couverture est un mauvais remplaçant du poil du cheval, cela veut dire qu’il faut également éviter de raser le cheval. Pourtant, j’aimerais continuer à monter loulou cet hiver et avec son poil de nounours, il est trempé de sueur au bout de 20 minutes de travail. Que faire ? Pour ma part, j’ai résolu le problème avec… Une couverture. Après le travail, ma jument sue beaucoup dans son gros poil d’hiver et s’il n’est pas question de la raser, il n’est pas question non plus de la remettre au pré couverte de sueur. Je la couvre donc d’une polaire séchante et la marche jusqu’à ce que le poil sèche.

En conclusion, faut-il brûler les couvertures ? On ne le répètera jamais assez : tout est question de contexte. Les conditions de vie idéales sont difficiles à réunir, la pension parfaite difficile à trouver. Je connais une propriétaire qui préfèrerait ne pas couvrir son loulou, mais celui-ci tombe malade s’il n’est pas couvert et reste en bonne santé lorsqu’il est couvert. Inutile de risquer la santé de son cheval si vous le savez fragile. Mais si vous avez un compagnon frais et vigoureux que vous avez l’habitude de raser et/ou couvrir, essayez donc cet hiver de lui laisser son poil, et voyez comment il se porte. Et surtout, découvrez le bonheur de plonger votre nez dans un gros poil de nounours, de réchauffer vos mains dans sa fourrure chaude… Et dites à votre cheval : J’aime tes poils.

PS : Si vous connaissez déjà cette merveilleuse folle qu’est Solange, vous aurez reconnu l’inspiration de mon titre. Sinon, filez voir cette vidéo > Poils pubiens, indignez-vous !

Quant à vous, envisagez vous de couvrir votre cheval ou poney bientôt ??

Partagez vos choix et raisons dans les commentaires.

Comme le souligne Naja, tout est question de contexte et pas seulement de théorie.

12 Responses to Poils équins : indignez-vous !

  1. Amaya

    Vive les poils ! 😀
    Kalinka c’est pareil, elle ressemble à un poney shetland, avec sa fourrure d’hiver. La tondre me fendrait le coeur, sachant toute la protection dont je la prive. Et d’ailleurs, je ne la brosse que lorsque j’ai l’intention de la monter, sinon, je la laisse avec sa crasse, pour ces mêmes raisons.

    Si elle transpire trop après un effort, je lui mets une polaire (que je n’ai eu à mettre que 3 fois en presque trois ans) sur le dos 5 minutes pour ôter le plus gros de l’humidité et après, elle fini de sécher à l’air libre, ça lui convient très bien (d’ailleurs j’avais lu il n’y a pas si longtemps dans un article du même genre que celui que tu nous présente là que l’hiver, les chevaux qui transpirent après un moment de jeu ou autre se cherchent justement les courants d’airs pour mieux sécher, alors que c’est ce que nous évitons à tout prix pour nos chevaux. On a encore beaucoup à changer dans nos habitudes « protectrices »).

    Mais comme tu le dis, un cheval fragile, il vaut mieux ne pas hésiter à le couvrir si le besoin s’en fait ressentir !

    Bref, vive les Nounours !

  2. Séverine

    Mes chevaux ignorent le mot « tondeuse » et n’ont vu des couvertures qu’en cas de problème médical ou pour sécher après le travail ou une douche d’avant concours… Mais je fréquente beaucoup de cavaliers de club et je constate que le bien-être du cheval ne rentre pas vraiment dans leur réflexion.
    Ces cavalières (car l’homme est une espèce rare en club) tondent parce que c’est plus « sport », parce que la voisine le fait, parce que le pansage est plus facile et rapide (ça, je ne dirai pas le contraire !) et bien sûr parce qu’il se mouille au travail : marcher le cheval le temps qu’il sèche, c’est trop long…
    Quand on sait qu’à cela s’ajoute le fait que du coup, le cheval ne sort plus du box « parce qu’il salit/déchire sa couverture »… !
    Et une petite dernière pour la route, si votre cheval et en pension et porte une couverture en permanence, il peut maigrir sans que personne ne s’en rende compte car le personnel n’ira pas voir dessous !
    Ce sont des exemples vécus…

  3. Delylle

    J’ai choisi de ne pas tondre. Mes juments sont en pleine forme. Je travaille uniquement dehors et elles transpirent fort peu! En revanche, j’ai du boulot pour les nettoyer…

    http://www.monchevalmedit.com/2013/11/tondre-ou-ne-pas-tondre-jai-choisi.html

  4. Bélize

    Bonjour, pour ma part je ne suis pas pour les couvertures mais j’ai dû en acheter une! Ma pouliche de 2 ans l’hiver dernier grelottait même si elle avait un abris dans son prés. Je ne pouvais pas la laisser dans cet état J’en ai donc acheté une. Cette année ça va être la même chose du coup j’ai décidé de la tondre car elle est maintenant au travail.

  5. anne claire

    Tiens étrange une trotteuse nounourse ^^ j’ai ma même aussi à la maison.
    Pas de couverture pour elle non plus, vie au champs avec abris et copain !
    Par contre il m’est arrivé de la couvrir si on nous annonçait de la pluie verglaçante ou une fois où elle a boudé une partie de la journée à ne pas mettre un sabot dehors! Un vent glacial digne du nord polaire …. heureuse du coup avec sa petite couvrante !
    Par contre Papy Mamie pas le choix si non malade !

  6. Emmanuel

    bonjour,
    pour moi, ce n’est pas qu’une question d’être fainéant mais aussi une question pécuniaire.
    Mon écurie est composée de 2 chevaux Ardennais. Combien coûte une couverture pour ces chevaux ? trop chère pour ma bourse, dans tout les cas.
    Pour ne pas voir la galle ou la teigne naissante, c’est une excellente chose, ces couvertures.
    Ayant toujours connu des chevaux dehors environ 360 jours par an, je ne comprends ces propriétaires disant « pour le bien de mon cheval, je le couvre ».
    Si le cheval met du poil, ce n’est pas par plaisir mais par nécessité. À une époque, le cheval n’avait pas besoin de l’Homme. Si l’Homme est aujourd’hui en grande partie dans la vie du cheval, ce dernier a, quelque part ancré dans sa mémoire, cette époque où l’Homme lui était inconnu.
    Autrement dit, moins d’action (humaine) sur le cheval = un cheval heureux même s’ils apprécient notre présence.
    Merci de m’avoir lu,
    Emmanuel

  7. Alexandrine

    Fourrons notre nez dans les poils bouhhouuuu …
    (J’ai pas pu m’empêcher dsl 😀 )

    A mon travail on préfère aussi enlever les couvertures. A part pour les chevaux au travail et pour des raisons pratiques mais ça ne les empêche pas de devenir de gros nounours ! Tous les autres ne sont pas travaillé de l’hiver et et vont au pré. Ils font du poils, mangent du foin et se recouvrent intégralement de boue à volonté !
    L’avantage c’est de pouvoir repérer au premier coup d’oeil un cheval qui aurait une blessure. Et au moins pas de problèmes de peau, d’usure avec la couverture, de couverture déchirée, de cheval coincé dans sa couverture.
    Franchement vous vous voyez vous, tous les matins vérifier que tout va bien sous plus de 70 couvertures ?

  8. La Crinière Blonde

    Très intéressant cet article ! ça rejoint ma réflexion sur la sur-protection de nos chevaux et c’est aussi ce que j’essayais de faire comprendre dans mon article sur les couvertures : comme toujours il faut les utiliser à bon escient et arrêter de faire de l’anthropomorphisme !

    Je compte aussi écrire un article sur la façon dont le cheval se protège du froid car c’est vrai que c’est un point sur lequel on n’est souvent mal renseigné et du coup on ne connait pas le seuil de tolérance de nos chevaux… Mais étrangement moi on m’a toujours parlé du « suint » qui couvre le poil des chevaux et du fait que c’est mieux de ne pas trop brosser un cheval qui vit en extérieur 🙂

    En tout cas c’est toujours bien de rappeler que le cheval est un animal qui dispose de ses propres armes pour affronter l’environnement et qu’il faut respecter son métabolisme.

  9. mathilde

    Bonjour,
    Je lis ce post une semaine trop tard… Je viens de commander ma couverture^^
    Mon cheval vit à l’extérieur en paddock avec abris avec un copain, il a du foin H24. Les chevaux de « sport » (les selle francais/KWPN) sont tous couvert dans l’écuries, il ne reste que le mien… et difficile de faire comprendre à ma DP de ne pas lui mettre sa polaire car ses poiles suffisent… enfin…
    Je vais lui faire une tonte de chasse car il sort souvent trempé de ses séances ( pour mon avis perso, je ne pense pas que si je faisais un marathon avec ma doudoune, et en transpirant énormément je ne me sentirais pas à l’aise… même si après je marche beaucoup pour sécher).
    J’ai opté pour la couverture Rambo optimo qui coute 1 bras, mais qui permet au cheval de bouger le plus librement possible (avec une couverture), elle peut être mise en imperméable seule, avec des sous couvertures 100, 200,300 ou 400 gr, un neck amovible…
    C’est le meilleur compromis que j’ai trouvé… pour allier travail et vit à l’extérieur…

  10. chamarel

    Hello!

    Deux cas à la maison un nounours de 24 ans qui n’a jamais été couvert et se porte à merveille, contre toute attente il ne transpire pas monté et ne connaît le véto que pour les vaccins.
    Et monsieur « douillet » QH avec un poil tout fin couvert à la moindre baisse de température, ne sortant que 2 heures par jour. Chez moi il a dû s’adapter à une vie à l’air du temps, sans couverture. Au début le pauvre en a bavé, se précipitant dans l’abri à la plus petite des pluies, après 2 ans de ce régime il suit le troupeau mais reste attaché à son petit confort. Malgré son poil fin il supporte le froid et transpire même monté qu’au pas. On pourrait imaginer ne couvrir qu’avec une simple bâche pour éviter l’effet doudoune.

    • cheval-facile

      Malheureusement le cas de QH démontre bien que l’intervention humaine détériore les animaux, par trop de sélection génétique, trop de soins, trop d’enfermement.
      Tous mes animaux vivent dehors (euh sauf le perroquet, car on a pas encore fait de volière extérieure, et notre chat de salon Malo, qui passe moitié de son temps sur le canapé, et l’autre moitié sur le lit… J’exagère presque pas !!) et ne s’en portent pas plus mal… 😉
      Merci de ton témoignage.

  11. Aline

    Tout à fait d’accord avec cet article, à une exception ! Je vous explique…
    J’ai un mérens qui a aujourd’hui 31 ans. Il est à mes côtés depuis ses 3 ans. Il n’a pas connu l’ombre d’une couverture jusqu’à ses 29 ans. Vivant au prè toute l’année, il lui arrivait d’être mouillé après une sortie, on séchait, on marchait bref on attendait qu’il soit sec avant de rentrer au prè. Certes, il y a beaucoup de boulot de pansage, et à l’arrivée du printemps, les oiseaux n’attendent que sa mue pour se faire des nids douillets… il y en a assez pour tous !
    Sauf qu’à 29 ans, l’hiver a été difficile à passer, il a maigri à vue d’œil et refusait de manger toute ration… appel du véto en urgence ! Bref, après un traitement coup de fouet, et l’aide d’une couverture chaude, il est reparti ! Toutefois, maintenant il passe l’hiver avec sa couverture, et j’avoue que je préférais avant ! A présent il faut gérer l’épaisseur des couvertures en fonction de la température, et les mi-saisons sont encore plus casse-pieds ! Mais, mon doudou vaut bien ces quelques tracas ! Voilà pourquoi je mettais qu’il y a 1 exception ! Toutefois, mon franche-montagne et mes 2 shetlands, eux passent l’hiver avec uniquement leurs poils, et ça leur va bien !!!!

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